09/09/2026

Créer avec le corps, les sons et la musique

Une expérience sensorielle à l’IME L’Armaillou


 

Dans le cadre de ma résidence artistique sur le territoire de Bugey Sud, j’ai proposé aux jeunes de l’IME L’Armaillou une expérience autour du son, du mouvement et du dessin. L’objectif était d’explorer le territoire autrement, en partant non pas de ce que l’on voit, mais de ce que l’on entend, de ce que l’on ressent et de ce que l’on imagine.

À partir de musiques et de sons évoquant les paysages du Bugey, les participants ont été invités à écouter attentivement, puis à laisser leurs sensations guider leurs gestes. Un son pouvait provoquer un mouvement, une couleur, une trace ou une forme. Le corps devenait ainsi un premier outil de création : bouger, répéter, ralentir, accélérer, faire un geste ample ou au contraire très petit… Puis ces mouvements pouvaient se traduire sur le papier par des lignes, des empreintes et des formes.

Chacun a pu participer à sa manière, selon ses possibilités et sa sensibilité, en expérimentant différents gestes, sons et formes. Cette approche a permis de privilégier l’expérience et le plaisir de créer, sans rechercher un résultat particulier.

François-Xavier, l’enseignant du groupe, a réalisé un podcast autour de notre rencontre et m'a autorisé à le mettre sur mon site. Ce témoignage sonore permet de prolonger l’atelier autrement et de découvrir comment les jeunes ont vécu cet atelier.

Résidence de territoire dans le Bugey

Une résidence artistique au cœur du territoire

De décembre 2025 à juin 2026, j’ai mené une résidence artistique sur le territoire du Bugey Sud, répartie sur 7 semaines et 36 interventions.

À travers le dessin, la gravure, la marche, la musique et la narration, j’ai invité les habitants à porter un regard sensible sur leur territoire, à explorer ses paysages, ses patrimoines et ses mémoires, et à créer ensemble.

Cette résidence, portée par la Communauté de communes Bugey Sud avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes, a permis de croiser les pratiques artistiques, les générations et les lieux de vie.




Les structures partenaires

 

Le projet a été mené avec :

  • les écoles primaires de Culoz-Béon, Arvière-en-Valromey, Jean-Ferrat à Belley et St-Germain-les-Paroisses ;
  • les écoles maternelles de Culoz-Béon et Brégnier-Cordon ;
  • l’association Val’Muse à Valromey-sur-Séran ;
  • le Centre Social L’Escale de Belley ;
  • le Foyer rural de Ceyzérieu ;
  • l’IME Armaillou ;
  • les médiathèques de Belley, du Valromey, de Culoz-Béon et de Brégnier-Cordon ;
  • la Maison du marais. 

 

Des créations ancrées dans le territoire

Un livre-mémoire illustré

Avec plusieurs classes de primaire, nous avons travaillé autour de la mémoire du territoire.

Les élèves ont recueilli des témoignages d’habitants et découvert, à travers ces récits, l’histoire locale, les transformations du territoire et la diversité des parcours de vie. À partir de ces témoignages, ils ont ensuite découvert les différentes étapes de la création d’un livre illustré : croquis, composition, mise en page, mise en couleur…

Chaque élève a ainsi contribué à la réalisation d’un livre-mémoire collectif, consacré aux histoires et aux souvenirs du Bugey.

Le livre a ensuite été imprimé sur le territoire, dans un ESAT, prolongeant la démarche collective jusque dans sa fabrication.



 

 

 

Explorer la faune et la flore locales

Avec les enfants de maternelle, nous avons exploré la faune et la flore du territoire à travers différentes techniques plastiques.

Une grande fresque collective a été réalisée autour des animaux et végétaux locaux.

Les enfants ont également expérimenté la technique mixte sur papier : collage de papiers et de tissus, peinture, encres, crayons de couleur et crayons cire.

Ils ont enfin imaginé et fabriqué un jeu de l’oie dessiné, peuplé des animaux et végétaux qu’ils avaient choisis.



Créer avec le corps, les sons et la musique


Cet atelier proposait d’explorer le territoire autrement : par l’écoute, le mouvement et le dessin.

À partir de musiques et de sons inspirés du paysage local, les participants ont traduit leurs perceptions en gestes, en formes, en dessins et en créations vocales.

Une manière de faire dialoguer les différents langages artistiques et de découvrir que l’on peut aussi dessiner ce que l’on entend.



 

 

 

 

 

 

 

Raconter le territoire en bande dessinée


Avec les adolescents, le village de Ceyzérieu est devenu le décor d’une bande dessinée.

Les participants ont imaginé leur scénario, préparé leurs croquis puis photographié différentes scènes dans le village. Ils ont ensuite travaillé leurs photographies à l’aide d’outils numériques, les ont imprimées sur papier A3 et les ont colorisées à la main.

Une expérience qui leur a permis de mêler écriture, photographie, outils numériques et dessin pour raconter leur propre histoire du territoire.

 

 

 

S’ancrer dans le paysage : balades dessinées


Une première séance a permis de découvrir la gravure sur support souple et l’impression manuelle.

Lors d’une seconde rencontre, les participants se sont rendus au sentier sur pilotis du Marais de Lavours, carnets en main.

Observer, marcher, prendre le temps de regarder puis dessiner : la balade est devenue un moyen d’entrer en relation avec le paysage et de porter sur lui un regard attentif.



 

 

 

 

 

 

 

 

Dessiner les souvenirs : une rencontre entre générations


Dans le cadre des activités autour du Prix Chronos de Littérature, enfants et seniors accompagnés par le Centre Social L’Escale ont partagé leurs souvenirs.

À la manière de Raconte encore grand-mère !, les récits ont donné naissance à des dessins, permettant de faire circuler la mémoire et les histoires personnelles entre les générations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Découvrir la linogravure


À partir d’éléments du patrimoine local, les participants ont créé leurs propres images en linogravure.

Dessin, gravure, encrage, impression en deux couleurs : chacun a pu découvrir les différentes étapes de cette technique et repartir de son image imprimée.

Les créations ont ensuite été présentées lors de la restitution de la résidence.


 

 

 

Créer les décors du spectacle Momo

La résidence s’est également inscrite dans la création du spectacle musical Momo, inspiré du roman de Michael Ende.

Le récit, qui interroge notamment notre rapport au temps, à l’écoute et au lien aux autres, faisait particulièrement écho au territoire du Valromey, où le spectacle a été créé et où se sont déroulés les ateliers.

Avec les participants, nous avons réalisé une grande fresque de 3 mètres sur 10, représentant un village du Valromey et intégrant plusieurs éléments emblématiques du roman : la tortue, la fleur du temps, les cubes modulables…

Une création collective conçue pour entrer directement dans l’univers du spectacle.


 

Une résidence fondée sur le croisement


Au fil des ateliers, les pratiques et les publics se sont croisés : dessiner, raconter, écouter, marcher, graver, jouer, photographier, chanter…

Chaque proposition était une manière différente d’entrer en relation avec le territoire et avec les autres.

Cette résidence a surtout été une expérience de rencontre et de création collective, où les habitants ont pu partager leurs regards, leurs histoires et leur imaginaire du Bugey.

Un grand merci à Mathilde et Estelle de la Communauté de communes Bugey Sud pour leur accompagnement tout au long de cette belle aventure humaine.

15/04/2026

Kuomboka au salon d'Annonay

 

J’ai la joie de vous annoncer que je serai invitée au salon du livre d’Annonay, un rendez-vous que j’attends avec beaucoup d’enthousiasme. Cette invitation prend une saveur toute particulière cette année, puisque mon livre Kuomboka a été présélectionné pour le Prix de l’illustrateur jeunesse, un prix décerné par des enfants.

Ce sont en effet 10 classes de CE2 qui liront, observeront, discuteront des 4 livres en lice avant de voter. Savoir que Kuomboka va être regardé, interrogé, interprété par des élèves me fait vraiment très plaisir.

 

 

 

 

À l’occasion du salon, je rencontrerai six classes, de la moyenne section au CE2, en passant par une classe ULIS. Ces temps de rencontre sont au cœur de mon travail : parler de la naissance d’une histoire, montrer comment une illustration se construit, échanger autour des images, des questions que les élèves soulèvent.

Je remercie chaleureusement les équipes pédagogiques, les organisateurs du salon et bien sûr les enfants, lecteurs et jurés, pour leur accueil et leur engagement. J’ai hâte de vivre ces rencontres, de feuilleter Kuomboka avec eux, et de voir le livre continuer son chemin.

À très bientôt à Annonay !

01/04/2026

L'Ivre jeunesse 20è édition


Jeudi et vendredi derniers, j’ai eu la joie de rencontrer des classes de Châtillon-St-Jean et ses environs. Ils avaient travaillé autour de mes livres. Nous avons beaucoup échangé, puis dessiné.

Avec les plus grands, j’aime travailler le personnage en cherchant à comprendre le corps humain. J’aime voir comment, à travers le dessin, les enfants comprennent mieux comment leur corps est fait et parviennent ensuite à représenter les postures plus facilement.

 

 

 

 

 


Avec les plus petits, nous avons dessiné des animaux, et c’était vraiment chouette. Voici quelques photos de crocodiles. J’ai eu envie de tester cet atelier car je travaille en ce moment sur un projet personnel qui parle d’une maman crocodile…

 

 

 

 

 

 

 


Une classe de CE2-CM1 a travaillé autour de mon livre "Papi raconte". C’était vraiment chouette : les élèves ont raconté un souvenir personnel puis l’ont illustré. Des histoires qui les touchent, drôles parfois, toujours très intéressantes.

Une autre classe a travaillé sur mon livre "Petit. Ils en ont réécrit l’histoire, en se l’appropriant complètement. J’adore voir comment un texte peut devenir autre chose entre les mains des enfants.


Et puis… j’avoue avoir eu un énorme coup de cœur pour la classe de PS-MS de l’école d’Hostun. Les enfants se sont mis en scène dans mon livre Papa pingouin.
Des parents incroyables ont photographié les enfants dans chaque posture, puis les ont intégrés dans le livre. Le résultat est juste exceptionnel !!

Je partage ici une photo (visages floutés bien sûr).
Incroyable, non ?

 

 

Après les rencontres scolaires, il y a bien sûr eu le salon. C’est toujours un plaisir de rencontrer le public, de revoir les enfants croisés en classe, et j’ai aussi animé un atelier pour les plus petits. Un très beau moment partagé avec leurs parents. 

Tout cela entourée d’une équipe géniale : une Sylvie ultra dynamique, un Jean-Yves attentionné, une Fabienne reine de la cuisine, et une Élisabeth qui nous accueille dans sa grande maison. Topissime !!

Et surtout, une bande d’auteurs formidables. Je me suis marrée comme jamais, j’ai pleuré de rire grâce à ma copine Isabelle. Ravie de revoir Nathalie, Samuel et Sébastien, heureuse de rencontrer Zad, Didier, Jérôme et Barroux.

Bref, encore un très beau salon !

 

24/03/2026

Projet en cours

En ce moment, je suis plongée dans un nouveau livre jeunesse. Je travaille sur les images depuis plusieurs semaines, et j’en ai déjà réalisé quelques-unes.

Je vous partage ici un petit détail de la toute première illustration : l’un des deux singes qui ouvre l’histoire. Un moment calme et immobile… avant que tout ne s’emballe.

J’aime beaucoup ces débuts de livre, quand il faut poser une ambiance, choisir les couleurs, installer un rythme, faire sentir un monde sans encore tout dire.
Le reste arrive peu à peu, page après page, dessin après dessin.

À suivre…

11/02/2026

Atelier BD

Dans le cadre de ma résidence dans le Bugey, j’ai travaillé pendant deux journées avec 11 jeunes de 10 à 13 ans autour de la création d’une planche de bande dessinée.

La première étape consistait à écrire leur scénario et à réaliser des croquis préparatoires. Chercher une idée, la structurer, imaginer les scènes… Ce temps de réflexion a posé les bases de leur projet.

Nous sommes ensuite partis dans le village de Ceyzérieu pour prendre leurs photos. 


C’était passionnant de les voir se mettre en scène, chercher le bon cadrage, observer les lieux autrement et réfléchir concrètement à la manière de construire leur histoire en images.

Puis est venue la mise en page sur ordinateur : chacun a composé sa planche, organisé ses photographies, intégré ses textes, créé ses bulles. Petit à petit, leur récit prenait forme.

Dernière étape : la mise en couleur.


Et là… la BD devient vivante. J’ai été impressionnée par leur concentration, leur application et leur engagement. Ces deux journées ont été dynamiques, créatives et très riches humainement.

Un grand merci à Mathilde pour son aide précieuse sur la partie informatique 🙏😅

Et merci aux jeunes pour leur énergie et leur implication.

C’était une première pour moi avec cet atelier… et une chose est sûre : c’est à refaire.

07/02/2026

Etiquettes de vin



En fin d’année dernière, j’ai pris beaucoup de plaisir à sortir de ma zone de confort en travaillant sur un terrain très éloigné de l’illustration jeunesse.
Cette fois, pas d’histoires pour enfants, mais des étiquettes de vin, un exercice subtil, où tout se joue dans l’équilibre, la suggestion et la retenue.

J’ai réalisé une série de propositions pour le Domaine Ganevat, dans le Jura, figure de proue des vins naturels, reconnu pour sa maîtrise exigeante de la biodynamie. Il s’agissait de chercher une image capable de sublimer le vin sans l’écraser, d’accompagner un produit déjà très fort par une présence graphique sensible et juste.

Photo © Agnes Thomay

 



Les étiquettes que j’ai proposées représentent des femmes en noir et blanc.
Ce choix n’est pas anodin. J’ai trouvé intéressant de briser l’archétype très installé de l’homme connaisseur, amateur, prescripteur de vin, et de renverser le regard. Ici, ce sont des figures féminines qui incarnent l’univers du vin : des présences calmes, parfois en mouvement, parfois drôles, jamais figées : des figures qui suggèrent plus qu’elles n’affirment, qui laissent de la place à l’interprétation et à la rencontre. 


 

 

Le noir et blanc permet d’aller à l’essentiel, de travailler la profondeur, le silence, et une certaine intemporalité, en laissant toute la place au vin lui-même.


Trois cuvées, trois atmosphères, trois figures, pensées comme des échos sensibles à ce que l’on peut ressentir à la dégustation.

Les cuvées illustrées :
– La Prairie du Haut
– Au Sommet
– L’Eau D’Range


 





 

Une expérience enthousiasmante, qui m’a donné envie de poursuivre ce dialogue entre illustration, narration visuelle et univers du vin, là où l’image ne raconte pas tout, mais ouvre un espace.